© Ensemble Vocal d’Arles 2012 E-mail: eva.chorale@gmail.com Mise à jour 28 janvier 2012
Peu connu en dehors de son pays d’origine, le Stabat Mater va contribuer à faire connaître l’auteur sur la scène mondiale. Cette composition est dédicacée à František Hušpauer, un ami d’enfance du musicien. Elle est sa première œuvre sacrée (à part une messe de jeunesse qui a été perdue) [1] et est intimement liée à la tragédie familiale qui frappe Dvořák. Le 21 septembre 1875 sa fille nouveau-née Josefa meurt. En réaction à ce deuil, Dvořák compose une première version de l’œuvre entre le 19 février et le 7 mai 1876[2]. Cette version est confiée aux solistes, chœurs et piano. Dvořák met l’œuvre de côté sans aborder l’orchestration. Dvořák perd ses deux autres enfants à quelques semaines d’intervalle, sa fille Ruzena le 13 août et son fils aîné Otokar le 8 septembre 1877. C’est alors qu’il reprend le manuscrit abandonné l’année précédente. Il rajoute trois mouvements (les numéros 5, 6 et 7) et instrumente l’ensemble de l’œuvre entre octobre et le 13 novembre 1877. a version définitive (1877) est donc pour orchestre comprenant: 2 flûtes,2 hautbois,1 cor anglais, 2 clarinettes en la, 2 bassons, 4 cors (2 en fa et 2 en ré), 2 trompettes, 3 trombones, un tuba, les timbales et l’ensemble des cordes. Les parties solistes sont écrites pour soprano, ténor, alto et basse. Les chœurs sont également à 4 parties.
Le compositeur suit fidèlement la séquence du XIIIe siècle de Jacopo da Todi. Le compositeur a dépassé sa propre souffrance pour donner une œuvre empreinte d’émotion confiée plus aux voix qu’à l’orchestre, mais jaillissante et spontanée même dans l’affliction atteignant ainsi une grandeur universelle [3]. La création de la version avec orchestre eut lieu le 23 décembre 1880 à Prague sous la direction d’Adolf Cech, avec comme solistes, Eleanora Ehrenberg, Betty Fibich, Antonín Vávra et Karel Čech. La partition est publiée en 1881 à Berlin. À cette occasion, le numéro d’opus 58 lui est donné en place du n°28 initial. L’audience de son œuvre devient très vite internationale, avec des exécutions dans les différentes grandes villes d’Europe et aux États-Unis. Dvořák est invité à Londres en 1884 pour y diriger sa partition au Royal Albert Hall, avec un effectif impressionnant (près de 800 choristes [4]), ce qui a contribué de manière importante à la reconnaissance du reste de son œuvre en Angleterre [5].La version originale (pour piano, chœur et solistes) n’a jamais été exécutée du vivant de Dvořák. Trouvée dans une collection privée, elle est éditée en 2004.
1) Steinberg M, Choral Masterworks: a listener guide [archive], p 113-118, Oxford University press
2) Srnka Miroslav Notice du CD Accentus chez Naïve Records
3) Claire Delamarche dans le Guide de la Musique sacrée et chorale profane sous la Direction de François-René Tranchefort – éditions Fayard 1993
4) lettre de Dvořák à son éditeur de Prague, de mars 1884, citée par Melville-Mason G, notice de l’enregistrement de l’œuvre par l’orchestre Philharmonique Tchèque sous la direction de Behlolavek [archive], édition Chandos
5) Melville-Mason G, notice de l’enregistrement de l’œuvre par l’orchestre Philharmonique Tchèque sous la direction de Behlolavek [archive], édition Chandos
Stabat Mater (quatuor vocal avec chœur), andante con moto
Qui est homo (quatuor vocal), andante sostenuto
Eja Mater (chœur), allegro moderato
Fac, ut ardeat (basse et chœur), largo
Nati vulnera (chœur), andante con moto
Fac me Vere (Ténor et chœur), andante con moto
Virgo virginum (chœur), largo
Fac ut portem (soprano et ténor), larghetto
Inflammatus (Alto andante con moto
Final: Quando corpus (quatuor vocal avec chœur), andante con moto
Le Centre de Musique Baroque de Versailles, à côté de l’intégrale de l’œuvre de Charpentier, publie des trouvailles du plus haut intérêt, comme cette belle messe à 4 voix a cappella de Louis-Joseph Marchand. A l’heure actuelle, les seuls renseignements dont nous disposions concernant Louis-Joseph Marchand figurent sur la page de titre de son Traité du contrepoint simple ou chant sur le livre publié à Bar-le-Duc, en 1739, par Richard Briflot, imprimeur-libraire. On y apprend que l’auteur est : « Prêtre Semiprebandé, & Maître de Musique de l’Insigne Chapitre de S. Maxe, Chapelle Royale à Bar-le-Duc, ci-devant Maître de Musique des Cathédrales de Chalons & de Besançon. » Il s’agit donc d’un personnage important qui illustre bien la circulation des musiciens entre la Lorraine et les autres régions de France, telle que révélée par les recherches de René Depoutot sur les maîtres de chapelle en Lorraine. En outre, ce traité est d’une grande importance historique car il est le premier à avoir été publié en France sur ce sujet. Son objet est d’enseigner le chant sur le livre, c’est- à-dire l’art d’improviser un contrepoint sur le plain-chant tel qu’il était pratiqué tous les jours à l’église. D’où le sous-titre de l’ouvrage : Ouvrage nécessaire à tous ceux qui aspirent à entrer dans la Musique de la plupart des Cathédrales & Collégiales, tant de France que de Flandre & autres. La publication de cette messe Quis ut Deus , présente le double intérêt historique et scientifique de lever un coin du voile sur la pratique de la musique sacrée au XVIII ème siècle à Bar-le-Duc et d’approfondir nos connaissances sur le contrepoint du temps tel que l’illustrent les nombreux exemples musicaux du Traité. L’œuvre, de bonne facture, témoigne de l’excellent niveau des maîtres de musique actifs à l’époque dans les églises.
Préface de l’édition du Centre de Musique Baroque de Versailles CMBV – Cahiers de musique 13, février 2003
Marc Antoine Charpentier, né en 1643 et mort en 1704, laisse une oeuvre monumentale dans laquelle il manifeste une égale maîtrise dans l’art de la composition. Il sait en effet être tout à la fois grave et profond dans sa musique religieuse, émouvant ou léger dans sa musique de scène. Tout aussi à son aise dans les petites que dans les grandes formes, il excelle dans la disposition en double choeur, voire en triple ou en quadruple choeur et son écriture contrapuntique est admirable.
Génie de l’ombre, Marc-Antoine Charpentier a vécu une grande partie de sa vie, occulté par son trop puissant rival, Jean-Baptiste Lulli. Par la suite, presque complètement oublié jusqu’en 1953, il fut révélé par son Te Deum, dont les huit premières mesures du prélude servent depuis les années cinquante d’indicatif à l’ Eurovision. Ce prélude brillamment instrumenté avec trompettes et timbales résonne comme le symbole de la France du Roi-Soleil. Marc-Antoine Charpentier figure aujourd’hui parmi les compositeurs baroques les plus appréciés. Le département de musique ancienne de l’école de musique ACCM et l’Ensemble Vocal d’Arles se sont associés pour lui rendre un hommage mérité.
Vous pourrez ainsi vous délecter du très célèbre Te Deum composé pour fêter en grande pompe le retour en santé du roi Louis XIV. Mais vous pourrez également découvrir des pages qui pour être moins connues n’en sont pas moins géniales.
CONCERTS CHARPENTIER